vomitiva geopolítica centrafricana

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Dimanche 23 mars marque l’anniversaire de la création du mouvement M23, en rébellion depuis 2012 contre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) au Nord-Kivu. Ce mardi 18, des négociations de paix s’ouvrent de nouveau.

  • Situation sur le terrain. Depuis 2012, le conflit a connu des soubresauts. Après une période de relative accalmie de 2013 à 2021, la reprise des combats par le M23 fin 2021, et surtout début 2024, s’est traduite par une forte progression de son emprise territoriale sur l’est de la RDC. Depuis début 2025, le M23, soutenu par 4000 soldats rwandais selon l’ONU – ce que nie Kigali –, a encore pris plusieurs villes stratégiques du pays, dont Goma fin janvier puis Bukavu, la deuxième ville du pays, en février.
  • Pourparlers de paix. L’Angola, qui agit comme médiateur entre la RDC et le M23, a annoncé le début de négociations de paix à Luanda ce mardi. C’est un tournant car la RDC, et son président Tshisekedi, qualifient le M23 de «groupe terroriste», qui appelle une solution militaire, tandis que le M23 considère qu’il répond aux «causes profondes» de problèmes sociaux régionaux. Les modalités de la médiation ne sont toujours pas claires, car officiellement la RDC refuse les négociations directes avec le M23 – ne souhaitant discuter qu’avec le Rwanda –, tandis que celui-ci ne souhaite justement négocier que directement avec le gouvernement de Kinshasa.

 

  • Équilibre régional. Le conflit et le processus de paix dépassent largement le Nord-Kivu, entre influence rwandaise, médiation angolaise et, surtout, mobilisation des organisations régionales par la RDC. Tshisekedi s’appuie sur la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui a nommé 3 «facilitateurs du processus de paix» en la figure des anciens dirigeants d’Éthiopie, du Kenya et du Nigeria. Cependant, face à la progression fulgurante du M23, la SADC a acté jeudi dernier la fin de sa mission militaire et le retrait progressif de ses forces de soutien (1300 soldats) à l’armée régulière de RDC, réaffirmant toutefois son «engagement inébranlable» à soutenir Kinshasa et l’incitant à chercher une solution politique.

Nota bene 👉 Pour Olivier Vallée, le désordre africain hérité de Berlin — une carte sans territoires — est en train de se fracturer. Lire plus

 

leGrandContinent, 17-III-25