nou (I-08) llibre ´Le piège du Kosovo´

4-I-08, balkans.courriers.info
Jean-Arnault Dérens
Le piège du Kosovo
Editions Non Lieu, janvier 2008, 24 euros

(Image JPEG) Un livre de Jean-Arnault Dérens

Nouvelle édition augmentée et actualisée de Kosovo, année zéro

Préface de Marek-Antoni Nowicki, ancien médiateur pour les droits de la personne du Kosovo.

Disponible fin janvier en librairie, dès maintenant sur notre site !


 

Le Kosovo est-il serbe ou albanais ? Voici les historiens convoqués, chacun devant justifier des revendications aussi exclusives et partiales les unes que les autres. Aux droits « démographiques » de la majorité albanaise, on oppose ainsi les droits « historiques » des Serbes, en évoquant le royaume médiéval des Nemanjic, quitte à ce que d’autres polémistes évoquent aussitôt les ancêtres illyriens des Albanais, pour porter l’estocade finale... Si la géographie sert, d’abord, à faire la guerre, selon la formule bien connue d’Yves Lacoste, l’histoire servirait-elle, d’abord, à justifier les guerres ? Que va devenir le Kosovo ? Une nouvelle guerre couve-t-elle dans les Balkans ?

Jean-Arnault Dérens, historien et journaliste, rédacteur en chef du Courrier des Balkans, essaie de répondre avec prudence et objectivité à ces questions.

Histoire, bilan de la guerre et du protectorat international, perspectives pour l’avenir : le livre le plus complet sur le Kosovo.

« Depuis un siècle au moins, le Kosovo est le théâtre de la confrontation de deux nationalismes, qui survalorisent ce territoire, perçu comme un espace fondateur, comme le « berceau » de la nation. La « neutralité » est une utopie, un point d’équilibre impossible à atteindre dans une étude historique, sociale, politique ou géographique, probablement parce que ce point n’existe pas. Il est cependant essentiel de prendre la mesure des surinvestissements idéologiques qui s’entrecroisent au Kosovo, d’en tenir pleinement compte pour essayer de dégager des éléments fiables de compréhension.

Le Kosovo est le lieu où s’entrechoquent plusieurs vérités. À la vérité des Albanais s’oppose celle des Serbes. Trop souvent, les observateurs étrangers, quand bien même ils sont de bonne foi, ont tendance à reprendre à leur compte l’une de ces vérités contradictoires, souvent celle de leurs interlocuteurs privilégiés. J’ai essayé de ne pas rester bloqué dans cette ornière, et mon regard sur les réalités du Kosovo a beaucoup évolué au fil du temps. Je reconnais et j’assume en tout cas la part de subjectivité inhérente à une étude du caractère de celle que je voulais mener.

Il faudrait notamment reconnaître, à l’instar de l’anthropologue Geer Duijzings, que le Kosovo est un espace carrefour, où ont longtemps cohabité différents peuples, où se sont rencontrées les principales religions pratiquées dans les Balkans, et où se sont parlées de nombreuses langues. Il faut également comprendre que le Kosovo était et est toujours un espace périphérique, « une périphérie de la périphérie européenne », un espace « du tiers-monde », comme le notait Michel Roux »... (Extrait de l’introduction).


 

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La presse à propos de Kosovo, année zéro :

 

« C ’est le bon livre au bon moment. Ecrit par l’un des meilleurs spécialistes de l’ex-Yougoslavie et publié à l’heure où le Kosovo joue son avenir. Jean-Arnault Dérens, qui quadrille la région depuis plus de dix ans, fournit dans ce « Kosovo, année zéro » toutes les clés pour comprendre l’enjeu des négociations de Vienne, où Serbes et Albanais négocient le « statut final » de la province. Et rappelle quelques évidences ; en premier lieu, que Serbes et Albanais n’ayant jamais vécu ensemble, le rêve d’une société multiethnique relève du mythe. Le bilan qu’il dresse de l’action menée par la communauté internationale n’est pas plus encourageant : l’Otan et l’Onu n’ont pas réussi à éradiquer la violence, ni à jeter les bases d’une société démocratique. »
(Yves Cornu, Le Point)

« Pour mieux comprendre la situation d’une province revendiquée comme « berceau de la nation » par les Serbes et les Albanais, Jean-Arnault Dérens, historien et journaliste, rédacteur en chef du Courrier des Balkans, dissèque avec minutie l’histoire de ce « théâtre de la confrontation de deux nationalismes ». En plus de décortiquer longuement la question cruciale et sans fin de l’antériorité de l’occupation spatiale du Kosovo, l’auteur, par son impartialité, permet d’éviter toute prise de position hâtive en faveur d’une communauté au détriment de l’autre. En revenant notamment sur la responsabilité partagée des violences inter-ethniques régulièrement perpétrées au fil des années et constatées, depuis juin 1999, par l’impuissante mission de l’ONU sur place. »
(Xavier Frison, Alternatives Internationales)

« Rédacteur en chef du site Le Courrier des Balkans, Dérens suit depuis plus d’une décennie la situation en ex-Yougoslavie, ce qui lui vaut d’avoir séjourné à maintes reprises au Kosovo. De cette expérience de terrain découle la principale qualité de son ouvrage : sa capacité à nous faire découvrir la diversité ethnique et religieuse, les spécificités d’une région ou d’une ville, et les tourments d’une société bouleversée par deux décennies de répression, de guerre et d’ingérence internationale. Parallèlement, l’auteur s’appuie sur sa formation d’historien pour nous éclairer sur le passé plus lointain. »
(Xavier Bougarel, Le Monde Diplomatique)

« Dérens se penche sur le passé afin de montrer la genèse d’un long désaccord entre les peuples serbes et albanais, avant de revenir sur l’échec de la communauté internationale, lié à l’intervention de l’OTAN. La coalition emmenée par les États-Unis est accusée d’avoir utilisé le Kosovo pour « justifier le nouveau rôle militaire de l’OTAN dans un monde d’après guerre froide ». Il décrit également un parti pris dans le conflit où « un unique coupable a été vite désigné (le régime serbe), tandis que les victimes n’auraient été qu’albanaises ». Jean-Arnaud Dérens montre une réalité complexe d’affrontements, de blessures vives, dont les Albanais, Serbes et autres minorités sont tous victimes. À cet égard, il déclare, à propos de son livre, « ne pas prendre parti, car pour la région, c’est là que se trouve l’écueil ».
(Dominique Josse, L’Humanité)

« Il libro di Dérens racconta insomma gli effetti di quella ’divisione del lavoro’ tra soft power e hard power, o come si usa dire tra socialisti europei, di quella partnership transatlantica in cui coniugare virtuosamente le nostre qualità di potenza civile alla disponibilità americana al ricorso alla forza - nella piena legittimazione così dello strumento militare come strumento politico, e come se Europa e Stati Uniti fossero da soli il mondo intero. »
(Francesca Borri, Jura Gentium)