"Lettonie: Changement d’approche à l’égard de la diaspora", Céline Bayou

Par Céline Bayou (sources: Ministry of Foreign Affairs of Latvia, Telegraf)

18-III-13, regard-est
Le 5 mars, le gouvernement a approuvé le rapport d’information présenté la veille par le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkēvičs, intitulé «Sur la coopération du ministère des Affaires étrangères avec la diaspora en 2013-2015».

Le ministre a été très clair lors de sa présentation à la presse: par ce programme, il s’agit de changer l’attitude à la fois de l’administration et de l’opinion publique à l’égard des Lettons qui ont émigré au cours des vingt dernières années. Il ne s’agit plus désormais de les percevoir comme une perte irrémédiable ou comme un problème mais bien plutôt comme une opportunité. Et d’enfoncer le clou: «Nombre de ceux qui vivent hors de Lettonie ne sont pas définitivement perdus pour le pays et, en maintenant le contact avec eux, nous avons de bonnes chances de les voir rentrer un jour avec de nouvelles connaissances et un nouveau potentiel!»

Le plan présenté par le ministre de décline en quatre lignes d’action prioritaires.

Il s’agit tout d’abord de maintenir les contacts et de favoriser l’identité lettone de la diaspora en fournissant de l’aide pour la création d’écoles lettones du samedi. Elles contribuent à la promotion de la langue et de la culture lettones à l’étranger. Il s’agit également de soutenir les associations et communautés lettones de l’étranger.

Par ailleurs, le plan prévoit d’encourager la participation politique et civique de la diaspora en donnant la possibilités aux émigrés de s’exprimer en participant aux scrutins électoraux et aux référendums.

En outre, le ministre souhaite substituer au mouvement de «brain drain» celui de «brain circulation» en développant les contacts avec les hommes d’affaires lettons installés à l’étranger. Il s’agit là de favoriser la coopération avec la diaspora dans les domaines de l’économie, de la culture, de l’éducation et des sciences.

Enfin, Edgars Rinkēvičs a insisté sur la nécessité d’encourager le retour de la diaspora en fournissant à ses membres des informations émanant des administrations publiques et des gouvernements locaux à propos des conditions de retour.

Le ministre a également exprimé le souhait que le pays mette à profit sa présidence du Conseil de l’Union européenne, au premier semestre de 2015, pour placer sur l’agenda européen cette question de la coopération avec la diaspora au sein de l’UE.

Sujet sans doute le plus délicat, la question du financement de ce plan a été évoquée par le ministre qui a noté qu’il nécessiterait des fonds, tout comme les actions assurées par les services consulaires à l’étranger. Une partie de ces financements devrait pouvoir être envisagée dans le cadre du budget 2013.

Dépêche publiée le 06/03/2013

Zone : Etats baltes