divisions polítiques en el contigu sud albanès de Sèrbia

Le Courrier de la Serbie, balkans.courriers.info
Deux mois après les élections municipales, les partis albanais du Sud de la Serbie se déchirent
Par notre correspondant dans la Vallée de Preševo
Mise en ligne : samedi 5 juillet 2008

Majorité introuvable dans les communes de Bujanovac et Preševo, dans le sud de la Serbie. Malgré leur victoire aux élections municipales de mai 2008, les partis albanais sont largement divisés et n’arrivent toujours pas à former de coalitions municipales. Pourtant, aucune réelle différence idéologique ne sépare ces partis. Si aucun compromis n’est trouvé avant le 12 juillet, de nouvelles élections devront être organisées à la rentrée.

Par Belgzim Kamberi

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Les élections de mai 2008 à Preševo (© AP)

Près de deux mois après les élections du 11 mai dernier, les Albanais de la Vallée de Preševo, dans le sud de la Serbie, n’arrivent toujours pas à constituer les conseils municipaux de Bujanovac et de Preševo. Bien que les partis albanais aient remporté la majorité des sièges au sein des assemblées municipales, aucune coalition n’arrive à se dégager, malgré plusieurs semaines de négociations.

À Preševo, une ville majoritairement albanaise, c’est le poste de maire qui bloque tout compromis entre le Parti pour l’action émocratique (PVD) de Riza Halimi et l’Union démocratique de la Vallée (BDL) de Skender Destani. Ce dernier revendique le poste de maire de la commune, ce qui lui est refusé par le parti de Riza Halimi. « Il est fort possible que l’on n’arrive pas a constituer l’assemblée municipale dans le délai légal imparti. Ce qui voudrait dire que nous pourrions avoir de nouvelles élections à l’automne », a déclaré Riza Halimi, seul député albanais au Parlement serbe, à l’agence Vranje Press. À l’assemblée locale, sur 38 siège, le PVD dispose de 13 sièges ; le Parti démocratique albanais (PDSH) du maire actuel Ragmi Mustafa – 12 ; le BDL - 5 ; le Groupe de Citoyen ’Rahmi Zylfiu’ - 4 ; le Mouvement national albanais (LKSH) et la Liste Serbe - deux mandats chacun.

La situation ne semble pas meilleure à Bujanovac, où les Albanais ne disposent que d’une majorité relative. De la même façon que dans la commune voisine, le processus est ici bloqué par l’attribution du poste du président de l’assemblée municipale. Il est revendiqué parallèlement par le Mouvement pour le orogrès démocratique (LPD) de l’ancien chef politique de la guérilla albanaise (UCPMB), Jonuz Musliu, et par le maire actuel Nagip Arifi. Ce dernier avait accepté de se retirer de la course à l’investiture au poste de maire de la ville au bénéfice de son collègue Shaip Kamberi, sous condition qu’il obtienne la direction du parlement local. Malgré ces impasses, on reste optimiste dans le camp albanais. « Je suis persuadé que l’on va arriver à dépasser cette question et que l’on va éviter des élections anticipées », affirme Shaip Kamberi pour le Courrier de la Serbie, tout en assurant que le nouveau pouvoir sera composé de toutes les communautés ethniques.

À Bujanovac, le PVD a obtenu 13 sièges, le LPD 6. Avec deux autres petits partis, les Albanais ont 23 sièges sur les 41 du conseil municipal. À Medvedja, commune majoritairement serbe, la nouvelle majorité s’est constitué quelques jours seulement après l’officialisation des résultats électoraux. La coalition majoritaire composée du Groupe de Citoyens du maire sortant Slobodan Drašković et du DS a créé une nouvelle majorité parlementaire avec la section locale du PVD de Riza Halimi.

Alors que le dernier délai pour mettre en place les insitutions locales est le 12 juillet, les deux communes à majorité albanaise de Serbie, considérées comme les moins dévellopées du pays, sont semble-t-il plus proches que jamais d’un nouveau « round » électoral. Pour cette ancienne zone de conflit entre rebelles albanais et forces de sécurité serbe, ce serait la deuxième fois en moins de cinq mois. Et les Albanais ne peuvent pas dire que c’est la faute des « autres ».