´Ouzbékistan : les réfugiés kirghizes reçoivent de l´aide de l´ONU´, Farida Chari

Ouzbékistan : les réfugiés kirghizes reçoivent de l´aide de l´ONU

 

Par Farida Chari (sources: TV ouzbèke, sites de l’ONU et du HCR, agence Akipress)
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«Entre les 12 et 15 juin, l’Ouzbékistan a reçu plus de 75.000 réfugiés kirghizes», a déclaré Abdoulaziz Kamilov, premier vice-ministre des Affaires étrangères ouzbek.

Il s’agit des habitants d’origine ouzbèke des villes d’Och et de Djalal-Abad (sud du Kirghizstan) où les affrontements interethiques durent depuis le 11 juin.

Plusieurs camps de réfugiés ont été organisés dans trois régions ouzbèkes de la vallée de Ferghana: à Andijan, à Ferghana et à Namangan. Les agences de l’ONU, et notamment le Haut Commissaire pour les Réfugiés, ont annoncé de l’aide humanitaire dans cette zone. Six avions devront transporter 240 tonnes de matériels de survie en Ouzbékistan dès le 16 juin.

Selon le ministre ouzbek de la Santé, Adkham Ikramov, un millier de réfugiés blessés ont été hospitalisés dans les hôpitaux d’Andijan.

Selon son homologue kirghiz, 179 personnes sont mortes dans des affrontements et presque 2.000 ont été blessées, au soir du 15 juin. Ce ministère précise qu’il ne s’agit que des cas enregistrés officiellement: de nombreux corps ont été enterrés sans signalement aux autorités. Les habitants portent le nombre de victimes à plus de 700.

Les affrontements ont commencé à Och dans la nuit du 10 au 11 juin, ensuite à Djalal-Abad, où les diasporas ouzbèkes sont très nombreuses. Selon les témoins, les groupes de personnes inconnues armées jusqu’aux dents ont tiré sur les Ouzbeks dans les rues et ont pénétré dans leurs maisons. Les massacres ont été accompagnés des pogroms: les maisons et les magasins des Ouzbeks ont été incendiés.

Néanmoins, les habitants de ces deux villes ne croient pas que ces affrontements portent le caractère purement interethnique: les témoins rapportent d’avoir vu les mêmes groupes armés tuer des Kirghizes, ainsi que des mercenaires tadjiks. Le MAE tadjik dément les informations sur la participation de ses citoyens dans les événements au Kirghizstan.

Selon les experts, ces événements auraient pu être incités par le clan de l’ex-Président Kourmanbek Bakiev qui a dû quitter le pays et son poste en avril dernier et qui se trouve actuellement à Minsk.

Dépêche publiée le 20/06/2010

Zone : Asie centrale